Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 00:34


"C’est la seule qui compte. Les autres, de plus en plus longues, de plus en plus anodines, ne donnent qu’un empâtement tiédasse, une abondance gâcheuse. La dernière peut-être, retrouve avec  la désillusion de finir un semblant de pouvoir… "

 

Des histoires agréables, étalées sur deux à trois pages, nous rappelant ces petits riens qui rendent la vie plus douce, plus colorée, il fallait y penser. Philippe Delerm l’a fait. Evidement on ne se sent pas concerné par tous ces « plaisirs minuscules », tout le monde n’a pas la chance de pouvoir se délecter des abricots de son jardin ou l’occasion d’avoir emprunté le trottoir roulant de la station Montparnasse.  Pourtant certains textes sont bien là, en nous, comme cette première gorgée de bière que l’on déguste entre amis, ou alors le sentiment de plénitude lorsque l’on dévore ce premier croissant sous la lumière grandissante de l’aurore.

 

Un livre que l’on ne lit pas d’une traite comme un roman policier où  l’intrigue poignante nous pousse à avaler les pages par dizaines, mais que l’on se plait à lire entre deux activités, inopinément, comme ça, le temps d’une ou deux histoires. On le repose alors, sourire aux lèvres.

 

Peut-être que cet ouvrage vous fera ouvrir les yeux sur ces petites joies qu’apportent des faits apparemment anodins, qu'il ravivera le goût sucré de la vie comme le font ces infimes pelures d'oranges dans un banal gâteau au yaourt. Un livre qu’il est agréable de prêter ou de se faire prêter car partager une lecture, ça aussi, c’est un plaisir minuscule...

 


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Publié dans : Lecture - Par Jérémie
Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 18:48

 

"I sing the song because I love the man, I know that some of you don’t understand Milk-Blood to keep from running out."

 

Une voix très haut perchée, un harmonica sifflotant sur des phrasés de guitare doux mais incisifs, c’est sûr : c’est du Neil Young. Encore que cet album fut critiqué par les puristes comme étant plutôt destiné au grand public. Qu’importe ! La poésie, la délicatesse et la noirceur sont bien là pour le 4ème album de ce monument de la musique américaine qu’est Mister Young.

 

Retour aux 70’s dans les studios de Nashville, Neil Young y chante la drogue, la vieillesse, l’espoir en l’amour.  Folk, country, la musique sent bon l’Amérique de Bob Dylan, Joan Baez, Janis Joplin et j’en passe. Cet album cache de véritables petites pépites comme Old Man ou The needle and the damage done - un plaisir à jouer pour les amateurs de flatpicking. Heart of Gold est sans aucun doute le titre le plus connu, il a fait un grand succès aux USA ainsi qu’en Europe. Le morceau Alabama créa une vive polémique aux USA puisque Neil Young y dénoncerait le racisme dans les états du sud. Le hit Sweet Home Alabama de Lynyrd Skynyrd en est d’ailleurs une réponse franche :  "Well, I hope Neil Young will remember, A Southern man don't need him around anyhow."

 

Cet album connait encore aujourd’hui un succès monstre et revient souvent dans les top albums mondiaux. Bref un album culte qu’il est indispensable de trouver dans toute bonne discographie !



Tracklist :

1.   Out on the weekend
2.   Harvest
3.   A man needs a maid
4.   Heart of gold
5.   Are you ready for the country
6.   Old man
7.   There's a world
8.   Alabama
9.   The needle and the damage done
10. Words (between the lines of age)

 



Neil Young - Heart of Gold



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Publié dans : Musique - Par Jérémie
Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 20:48

« Pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Nous vivons  dans le premier système de domination de l’homme par l’homme contre lequel même la liberté est impuissante. Au contraire, il mise tout sur la liberté, c’est là sa plus grande trouvaille. »


On se lève tous pour Danette, L’Oréal parce que je le vaux bien,  Mars et ça repart ! – Bienvenue dans le monde d’Octave, publicitaire de 33 ans, monde intrinsèquement pourri se cachant bien derrière ses paillettes et ses spots aux milles couleurs. Tout n’est qu’illusion, tout n’est que pouvoir, tout n’est qu’argent : voilà tout le message. Octave nous manipule, Octave s’enrichit sur le dos « de la ménagère de moins de 50 ans », pourtant Octave ne voulait pas en arriver là, tombé dans le monde de la publicité il a tenté maintes fois d’en rehausser le niveau intellectuel, mais la mécanique est bel et bien inébranlable. Le Robin des Bois devient un pantin – pantin non de bois mais de cocaïne – se hissant au sommet de l’échelle.


Par le biais de ce récit, dont la part de fiction se démêle dans un premier temps très difficilement de la réalité, Frédéric Beigbeder dénonce cruellement le monde de la publicité ainsi que notre société de consommation.  Le roman se compose en 6 parties énoncées avec un pronom différent, du « Je » jusqu’au « Ils », entrecoupées de scénarios publicitaires et de citations allant de Proust à Salinger. Le langage utilisé est cru, voire très cru, ce qui n’empêche pas de constater la vaste culture de l’auteur et son sens de la réalité.


Un livre qui se veut choquant, et qui l’est tant par son fond que par sa forme. Business, légèreté, prostituées, rêves, meurtres, paillettes, perversions, îles paradisiaques, cellules… il ne manque qu’un poil d’inceste, un jacuzzi et le tableau est au complet. Finalement se pose la question de la nature même du bonheur dans nos sociétés, le nombre de zéros sur un compte en Suisse ?


Bref un livre à lire, même si parfois, vous grincerez des dents.


« Et voilà, elle t’embrasse une dernière fois et tu laisses filer son poignet gracile. Tu la laisses partir parce que tu laisses tout le monde partir. […] A la seconde où elle referme la porte, commence la nostalgie de toutes les secondes précédentes »

 

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Publié dans : Lecture - Par Jérémie

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