Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 16:22

"Premièrement ne touche pas à tes aiguilles, deuxièmement ta colère tu devras maitriser, et surtout ne jamais oublier quoiqu’il arrive, ne jamais se laisser tomber amoureux. Car alors pour toujours à l’horloge de ton cœur la grande aiguille des heures transpercera ta peau, explosera l’horloge, imploseront tes os, la mécanique du cœur sera brisée de nouveau."

 


Il y a des concerts qui marquent, qui laisseront une trace indélébile dans nos mémoires, nos souvenirs, qui nous feront sourire quand on y repensera et regretter de ne plus y être. Les concerts de Dionysos font partie de ceux là.

 


La première fois que j’avais vu Dionysos c’était en 2006 lors de la tournée succédant l’album Monsters in Love. A l’époque je devais connaitre deux à trois morceaux du groupe que je trouvais agréables sans pour autant révéler une forme de génie musical. Et pour cause ce n’est pas sur CD que ces phénomènes dévoilent l’étendue de leurs talents, c’est bel et bien sur scène. Dionysos, ce nom divin prend alors tout son sens, l’ivresse, la fête, l’orgie des sens étaient au rendez vous. Des musiciens survoltés, une ambiance incomparable, une chaleur humaine palpable et surtout une énergie infinie. Mes amis et moi étions sortis de la salle ébahis, surpris d’avoir pris une claque aussi violente tant pas les jeux de scène, les slams monstrueux, les mélodies jouées au xylophone, les petits sauts de Babet, les moments punk, la folie de Mathias Malzieu. Quand est-ce qu’on y retourne ?


 

 


Deux ans plus tard. Il y a quelques semaines j’étais donc de nouveaux devant Dionysos. Croyez-le ou non mais j’avais une certaine appréhension. Peur que l’expérience unique que j’avais vécue deux ans auparavant soit ternie, peur que l’imagination ait brodé de fil d’or ces souvenirs et les ait hissé au dessus de ce qu’ils étaient réellement. Il n’en fût rien.

 


Mathias entre en sautant, le public retient son souffle, Mathias s’électrise, le public explose. Et c’est reparti. Une énergie débordante, les souvenirs deviennent réels. Dionysos, meilleur groupe de scène de France, il n’y a pas photo. Le dernier album La Mécanique du Cœur est bien mis en avant tant sur les sonorités, le décor façon Tim Burton que par les titres joués. Le jour le plus froid du monde, l’Homme sans trucage, Tais-toi mon cœur (en duo avec Olivia Ruiz !) et le désormais mythique Cunnilingus mon amour étaient bien évidement de la partie. Les anciens morceaux  ne sont pas oubliés, nous avons eu droit au très populaire Song for Jedi, et à un Giant Jack tout simplement monstrueux. Le public a porté Mathias plus d’une fois et s’est régalé pendant deux bonnes heures.

 


Il y a une seule chose à retenir de cet article plutôt long : si ce groupe passe près de chez vous, admirateur ou détracteur, foncez. Merci Dionysos.

 


"Oh tes paupières se lèvent comme des ombrelles noires elles sont les dentelles soulevée de la nuit qui tombe… "

 





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Publié dans : Musique - Par Jérémie
Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 21:20

"Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite , laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants."

 


L’élégance du hérisson, un titre qui n’évoque rien a priori, qui ne laisse rien deviner sur ce que contiennent ces pages reliées entre elles pour former cet objet plein de poésie et de simplicité qu’est le livre. Pourtant c’est au beau milieu de ce roman de Muriel Barbery que le titre, croyez moi, prendra tout son sens.

 


Quelques mots sur l’histoire. Renée est donc concierge dans un immeuble de riches, amoureuse de littérature, de musique, et de filmographie, elle n’en laisse pourtant rien paraître, jouant même le rôle de la concierge un peu brutale, peu aimable quoique toujours polie. Dans un des luxueux appartements de l’immeuble vit Paloma, petite fille de douze ans. Dotée d’une grande intelligence, elle se rend rapidement compte de l’absurdité de la vie bourgeoise et décide de ce suicider le jour de son treizième anniversaire. La rencontre de ces deux femmes si différentes sera une des clefs de l’ouvrage.

 


L’univers des riches, le malheur des pauvres, mais pas seulement. Muriel  Barbery arrive à restituer une ambiance toute particulière, à la fois romanesque et proche du réelle. Si on peut reprocher à l’histoire de ne démarrer qu’un peu tard – les premières dizaines de pages sont de l’écriture pour l’écriture – on ne pourra pas lui enlever cette faculté à transmettre des émotions, à nous faire rire. La prose est jolie, l’histoire est touchante, les personnages sont attachants, le monde est regardé d’un œil juste et mesuré, les mondes fusionnent.


 

"Parce qu’un camélia peut changer le destin"

 


L’élégance du hérisson est assurément un bel ouvrage, d’ailleurs devant le succès rencontré auprès des lecteurs ce deuxième roman de Muriel Barbery va être bientôt adapté au cinéma. N’attendez pas, le scénario est chez votre libraire.



"Oui, l’univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l’insignifiance nous encercle. Alors buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d’automne bruissent et s’envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps."



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Publié dans : Lecture - Par Jérémie
Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 22:26

"J’ai laissé ouvertes mes persiennes, les voix ressemblaient à la sienne, j’ai cru mille fois qu’il revenait et j’ai laissé passer l’été, j’ai laissé passer l’été"

 


 

Qui n’a pas vécu sur une île déserte, au milieu du désert sibérien ou sur un satellite de Saturne a déjà entendu ces vers puisqu’ils passaient sur toutes les chaines, toutes les stations. Pour le coup ils étaient chantés samedi soir pour ce dernier concert des Nuits Guitares à Beaulieu sur mer. Après le blues déjanté de Lucky Peterson, la voix inégalable d’Ilène Barnes c’est au tour de la petite Rose de faire danser les oliviers.

 


En première partie Ma Saïsara, jeune niçoise, avait enchanté le public avec son rythme rempli de sensualité et sa voix légèrement caramélisée. Après quelques minutes d’attente sous la chaleur, et parmi un public plutôt jeune, plutôt féminin apparaît Rose. Pour ceux qui ont déjà vu la miss sur scène il y avait quelques différences notables : elle n’avait pas ses bottes de cow-girl et son groupe était un peu changé, un clavier en plus, changement de batteur, et des apparitions ponctuelles de cuivres.



 

Ma Saïsara pour animer le jardin lors de la première partie.

 


Quoiqu’il en soit la set-list n’a pas beaucoup bougé, Rose a joué tout son album ainsi que Mercedes Benz de l’inoubliable Janis Joplin. Notons également l’exclusivité d’un titre de son deuxième album : Je guéris. Un concert fort sympathique tant par la voix presque déraillante de Rose que par les petits jeux de scène, notamment avec la montée sur les planches de trois groupies pour reprendre en cœur une chanson de la miss, on a aimé.

 


Si vous appréciez l’album allez voir Rose vous n’aurez pas de mauvaises surprises et vous prendrez plaisir à chanter à voix unies, à brailler sur les refrains comme sur les couplets. De mon côté j’attends de voir ce qu’elle proposera dans quelques années. Une fois que les albums auront fleuri et que l’expérience de la scène sera plus grande peut-être aura-t-on quelque chose de plus live, de plus improvisé, avec des prises de risques et plus de délire.

 


 

Rose, guitare en main pour cloturer ce festival sous la bienveillance des oliviers.

 


Bref un bon concert pour cette dernière soirée des Nuits Guitares qui a permis de réunir sous les oliviers plus d’une génération. Nous pouvons remercier les organisateurs et leur donner rendez vous l’année prochaine pour le dixième anniversaire du festival. A bientôt !




Rose aux Nuits Guitares 2008 - A l'envers






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Publié dans : Musique - Par Jérémie
Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 20:37

« A l’époque où les indiens étaient nombreux ils utilisaient les voix pour transmettre des messages comme la fête, la victoire, le début du printemps. Les voix étaient tellement puissantes que ça traversait les rivières, les montagnes, les vallées. »

 


Et on se demande combien il faudrait d’indiens pour recouvrir la voie d’Ilène Barnes. C’était donc en ce 4 juillet, pour le deuxième soir des Nuits Guitares de Beaulieu sur Mer que cette artiste de renommée internationale est venue charmer le public au cœur des oliviers. Ne connaissant pas du tout l’univers d’Ilène Barnes c’est avec l’oreille tendue et l’œil ouvert que je me suis rendu devant les planches, hier Lucky Peterson avait enflammé le jardin, ce soir on verra bien…

 


Au bout de quelques minutes j’ai remercié la nature de m’avoir donné ce minimum de curiosité, j’avais bel et bien en face de moi une artiste, une artiste avec un grand A. La formation était pourtant simple, trois personnes sur la scène : un batteur/percussionniste, un guitariste, et Ilène Barnes tantôt guitariste tantôt bassiste, toujours chanteuse. Il n’en fallait pas plus pour comprendre que la prestation serait d’une qualité incontestable : des musiques riches, profondes, une voix exceptionnelle qui monte et descend à son aise, une présence scénique indéniable ainsi qu’une véritable leçon d’humilité digne des plus grands. Une dame qui n’a rien à prouver, accessible, qui parle dans un français excellent, qui communique avec le public, cela m’a rappelé un concert de Robert Plant quand il nous criait tout ému « merci mes potes, merci mes amis ».


 


 


Ilène Barnes à bras ouverts invite le public à chanter avec elle.




Une artiste qui n’est pas très connue ici dans le sud de la France, encore une preuve que la popularité n’est pas proportionnelle au talent. A la fin du concert Ilène Barnes était disponible pour des dédicaces, des discussions bon-enfant et de franches rigolades. Chapeau l’artiste.

 

 



Ilènes Barnes aux Nuits Guitares 2008

Petit extrait du concert, quel plaisir de voir des artistes s'éclater.





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Publié dans : Musique - Par Jérémie
Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 18:04

“Well, I’m ready, ready as anybody can be, I am ready, ready as anybody can be, I’m ready for you, I hope you ready for me”

 


Et nous étions prêts lors de ce premier soir des Nuits Guitares à Beaulieu sur mer. Prêts à écouter, à regarder, à sentir, Lucky Peterson. Car c’est bien ça qu’il se passe, dès la première seconde, monsieur Peterson rentre sur scène sourire aux lèvres tape dans ses mains pour donner le tempo au jardin déjà chauffé par la prestation de qualité qu’était celle de Number 9 en première partie.

 


 



Aussi habile au clavier qu’à la guitare, le monsieur est impressionnant tant par son feeling, son charisme, ses impros survoltées que par sa voix remplie de blues. Dès les premières minutes le ton est donné : ce concert ravira les amateurs de musique à l’état brut : des instruments, des instruments et des instruments, les phases instrumentales sont abondantes et riches tant au clavier qu’à la guitare – j’ai une préférence pour cette dernière, la musique y est plus mordante, plus percutante, plus incisive.


 

 


 

Auparavant Number 9 avait chauffé le public avec son rythme, ses riffs, sa bonne humeur

 

 


Le blues ? Oui, mais pas seulement, beaucoup d’improvisation un peu jazzy et des phases complètement rock’n’roll à l’image de ce Johnny B. Goode survolté. Go Johnny Go Go ! La grande force de Lucky Peterson est sans doute sa présence scénique, armé d'un sourire large comme un croissant de lune ce héros d’un soir n’a pas hésité à quitter la scène pour s’en venir jouer au milieu du public. Se frayant un chemin parmi la foule et les oliviers Lucky est resté de longues minutes à jouer parmi les gens qui prenaient photos et vidéos de cette prestation monstrueuse. Un grand Bravo.

 


 

 

 

Lucky Peterson au milieu de la foule pour des solos hallucinant et des sourires à la pelle.

 


Soulignons enfin l’importance laissée aux autres zicos, les solos de guitare, de basse et de batterie résonnent encore dans le jardin de l’Olivaie. Cerise sur le gâteau, Ilène Barnes qui devait jouer le lendemain sur la même scène a rejoint Lucky pour un dernier morceau, une ellipse qui aura un peu consolé notre séparation avec Lucky. C'est clair, le premier soir des Nuits Guitares a tenu ses promesses.

 



 

Lucky Peterson aux Nuits Guitares 2008

Solo de batterie, solo de basse et du Lucky comme on l'aime.


 

 






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Publié dans : Musique - Par Jérémie

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